Madeleine Lamouille è nata a Cheyres (Friburgo) nel 1907 e morta a Meyrin en 1993. Terminate le scuole dell'obbligo, lavorò nella filanda serica di Les Tauxelles a Troyes (1922-25). Alloggiava nel pensionato cattolico costruito dal proprietario della fabbrica per ospitare le giovani operaie e diretto da una friburghese, Lamouille vi ricevette un'educazione da ragazza di buona famiglia e dovette piegarsi alle rigide regole della fabbrica-convento. Tornata in Svizzera nel 1926, divenne cameriera presso i Barbey, a Valeyres-sous-Rances, e nel 1931 entrò al servizio dei Weibel a Ginevra. Nel decennio 1970-80 si confidò con lo scrittore Luc Weibel, nipote della famiglia, che pubblicò la storia della sua vita sotto il titolo Pipes de terre et pipes de porcelaine: souvenirs d'une femme de chambre en Suisse romande, 1920-1940 (1978), opera più volte ristampata.
Bibliografia
« En somme j’étais beaucoup moins bien nourrie que chez les B. Cela ne me gênait pas tellement. Ce qui m’ennuyait, c’était que les patrons ne nous disaient pas bonjour, et ne nous donnaient pas les journaux. »
Voici les souvenirs de Madeleine Lamouille : les temps de l’enfance, la faim au ventre, dans les années 1900, puis l’adolescence dans une « manufacture-internat » ; l’engagement, surtout, comme femme de chambre dans une famille de l’aristocratie vaudoise, puis dans une maison bourgeoise de Genève. À la campagne comme à la ville, bonnes et cuisinières sont des « pipes de terre » quand leurs maîtres seraient de « porcelaine ». Mais si Madeleine Lamouille connaît sa place auprès de « Monsieur » et de « Madame », elle sait se faire entendre pour obtenir un minimum de considération. Presque un siècle après, son récit n’a rien perdu de son actualité. Il en dit long sur cet esclavagisme des temps modernes.
(Editions Zoé)