Née en 1994 à Genève, Sandra Maeder se forme d’abord comme comédienne dans la filière d’art dramatique du Conservatoire de Genève, avant de partir en Pologne pour y découvrir d’autres formes de théâtre. À son retour en Suisse elle poursuit des études en Relations internationales à l’Université de Genève avec le désir de se procurer un bagage théorique et une meilleure compréhension des enjeux contemporains. En même temps, elle continue à se développer dans le théâtre en participant à différents stages et projets. Elle commence également à écrire ses premières pièces dramatiques ainsi que des ébauches de romans. Après l’obtention de son bachelor, elle décide de se consacrer pleinement à l’écriture. En parallèle elle enchaîne des emplois variés qui lui laissent le temps de développer ses projets artistiques. Elle travaille notamment comme chargée de communication d’une compagnie de théâtre, médiatrice aux Cinémas du Grütli ou encore réceptionniste dans une ONG et un hôpital. Bitume d’août est son premier roman.
Bibliografia
J’ai nourri le poisson. La boîte de granules cachée dans la commode. Je l’ai regardé gober les grains que j’avais fait tomber dans l’eau. Sa petite bouche ronde qui s’ouvrait et se fermait. Frénétique. Ses yeux globuleux. Ses branchies qui se dilataient et ses nageoires comme des voiles déchirées. Sa peau transparente à travers laquelle on pouvait voir ses organes. Son squelette. Ses veines. De minuscules fleuves souterrains.
C’est là que j’ai compris.
Pierrot et sa mère vivent dans un appartement en périphérie de la ville, au-dessus de l’autoroute au vrombissement incessant qui fait penser au bruit de la mer. C’est le mois d’août, il fait chaud. Des ventilateurs tournent aux quatre coins du salon sans fenêtres. Pierrot observe le poisson qui agonise dans l’aquarium. Il a décidé de dire à sa mère que Pierrot ce n’est pas son nom, mais elle ne l’entend pas. Le poisson lui rappelle un jour d’anniversaire, il y a très longtemps…
Un roman dense et incisif sur la mémoire et l’oubli, les rêves et la réalité, qui peuvent si facilement se confondre.
Encre fraîche