Sarah Chardonnens, Svizzera e Italiana, nata nel 1985 sulle rive del Lago di Ginevra. Dopo gli studi di politologia a Losanna, Parigi e Ginevra un lungo viaggio l'ha condotta, nel 2009, attraverso la Russia, L'Asia del Sud-Ovest , le strade del Caucaso e del Medio Oriente. Fino al 2014 ha collaborato con organizzazioni federali e dell'ONU nel Marocco, in Siria, e Etiopia, nel Libanon e Irak. Dal 2015 è membro del Corpo svizzero di aiuto umanitario (CSA).
Bibliografia
En ce brûlant été 2015, je m’en retourne, sur ma petite moto syrienne, en direction des terres du Levant où je slalome, depuis trois ans, entre des communautés se jaugeant sans-cesse, se provoquant parfois, la plupart du temps se tolérant, dansant sous cette épée de Damoclès planant sur ce formidable petit pays contrasté qu’est le Liban. La survie laisse rapidement place à la sur-vie; le désarroi à la résilience; l’abandon à la résistance. Résister à l’instabilité régionale et aux déséquilibres intérieurs. Résister au sectarisme. Résister à l’intégrisme. Les plats traditionnels d’houmous, de fattouche, de taboulle, saujok, batata harra et autre meshawi se bousculent maintenant sur les tables. La salle se remplit de cette odeur de tabac parfumée qui s’élève des chichas colorées posées à même le sol. Les verres s’entrechoquent. Je pense à Rimbaud: «Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.» Ivre d’eau ou d’arak. Ivre de vie. Ivre d’espoir.
(Présentation du livre, éditions de l'Aire)