Giovanni Bonalumi è nato a Muralto, in Ticino, nel 1920. A partire dal 1943 ha studiato lettere all'Università di Friborgo e ha conseguito il dottorato in letteratura francese e italiana nel 1947. Tra il 1950 e il 1973 ha insegnato a Locarno e tra il 1973 e il 1990 è stato professore ordiniario di letteratura italiana all'Università di Basilea. Il suo romanzo Gli ostaggi (1954) è stato premiato con il premio Charles Veillon e le sue traduzioni di poesie inglesi e francesi con il Premio della traduzione della città italiana di Monselice nel 2001. Nel 1971 è stato presidente della Società Svizzera degli Scrittori. È morto nel 2002 a Locarno, all'età di 81 anni.
Bibliografia
Mon père est mort un soir d'avril, il y a longtemps: j'étais encore petit et j'allais à l'école en tablier. On dit qu'il est mort à cause de l'eau du lavabo, à la consigne de la gare. Il était tout en sueur et il a voulu se laver les mains. Il est sûrement mort de ça, mon père. La congestion n'est pas une maladie et j'étais à mille lieues de comprendre la raison de cette mort subite. Plus tard, ma mère m'a expliqué que c'était à cause des sardines que nous avions mangées à midi, ce jour-là. C'était un vendredi et il tenait à ce que l'on renonce à la viande. Il n'allait jamais à l'église, mais là-dessus, il était intransigeant.
La mort prématurée du père, un employé des chemins de fer, aurait dû sceller à jamais le destin du jeune orphelin: dans un Tessin catholique et pauvre des années 1920, quoi de plus prestigieux pour une veuve sans ressources que d'accepter d'envoyer son fils aîné au séminaire? Un curé dans une famille pauvre, c'est non seulement synonyme d'éducation et de prestige, mais c'est aussi assurer ses vieux jours à la cure.
Dans ce roman intense, Giovanni Bonalumi, sans la moindre complaisance pour personne, retrace la vie quotidienne et interminable de ce jeune séminariste, sa découverte des autres, ses premiers émois amoureux, mais surtout la grande solitude de ces années passées sous la conduite de prêtres qui niaient toute émotion chez des adolescents à qui on avait volé le droit à l'enfance.
Au moment de sa sortie, en 1954, l'ouvrage fit scandale dans son Tessin natal. Le titre «Les Otages» était en soi une offense à l'Église. Mais l'auteur s'en défendit: il attaquait un système, non une foi.