Inventaire des lieux

«Un matelas de chambre d’hôtel se charge en rapports humains allant du meilleur au pire, qui se superposent en strates invisibles, et nous nous couchons dessus.»

Attendre dans un couloir, s’arranger pour occuper une baignoire à deux, faire un plein d’essence, faire bonne figure sur une piste de danse: tous les lieux de cet inventaire aléatoire et subjectif ont leur mode d’emploi, leurs rituels, leur usage conventionnel auxquels l’usager doit se plier. Lorsque pour une raison ou une autre, cet usage nous échappe, il naît une situation que le langage courant appelle «un moment de solitude», qui est souvent une occasion de rire ou de pleurer, et surtout celle d’une histoire à raconter.

À l’opposé de la Tentative d’épuisement d’un lieu parisien de Perec, cet inventaire inscrit dans des lieux variés non pas un observateur mais un personnage qui se révèle selon les circonstances décalé, nostalgique, burlesque, malmené, érotisé, ironique, angoissé, moralisateur. Les lieux traversés, qui sont plutôt génériques que géographiques, construisent petit à petit ce personnage en convoquant des souvenirs d’enfance ou d’adolescence, en révélant son mode de vie, ses préjugés, ses opinions. Jusqu’à ce que les lieux communs se révèlent sous un nouveau jour.

(Présentation du livre, art&fiction)

Nota critica

In Inventaire des lieux Laurence Boissier esplora gli usi dello spazio, dalla camera d’albergo alla pista da ballo passando attraverso la voragine e il marciapiede. Con un umorismo sornione, che rende difficile capire quando le affermazioni siano serie e quando no, l’autrice affronta ogni luogo considerandolo prima in generale e riconducendolo in seguito al particolare della propria esperienza, il tutto secondo una logica sgusciante, che derapa seguendo il corso delle imperfezioni del vissuto, del desiderio o delle angosce. Un libro divertente e toccante, con il quale l’autrice costruisce anche un’autofinzione che fa della letteratura una forza emancipatrice. (Nathalie Garbely nel suo approfondimento «Inventaire des lieux et Rue des Gares et autres lieux rêvés. Deux volets d'un même dialogue littéraire» e le sue brevi critiche in Viceversa Letteratura 11, 2017)