Le Paysan du Danube

Nota critica

Le Paysan du Danube (1932)

Les textes qui composent cet ouvrage se rapportent à la quête personnelle du jeune auteur au cours de ses voyages en Europe centrale (Prusse-Orientale, Autriche, Hongrie), à la recherche du romantisme allemand, et en Italie, durant les années 1926-1930. Ils se veulent une «contribution à l’archéologie des états d’âme» découverts dans le prime d’une géographie mystérieuse et sentimentale, et sont autant d’évocations et de descriptions d’un monde en disparition, d’observations minutieuses, de médiations sentimentales et de charmantes divagations que le récit de ses aventures nocturnes ou de rencontres étranges où l’auteur pressent des questions essentielles qui viennent briser quelque certitude de jeunesse. Le Paysan du Danube offre ainsi la vision romantique de cette «Europe du sentiment» comme d’une «patrie de la lenteur», un «paradis perdu», dont l’auteur cherche à recomposer la rumeur profonde. Ces textes sont des actes de présence à la réalité des choses et du monde, à l’être encore incertain de son devenir et de sa réalisation, mesurant sa jeunesse à l’appel du monde sensible. Écrit à la faveur d’un séjour d’études à Calw en Wurtenberg, le «Petit Journal de Souabe» (1929) est le reflet d’une quête intérieure. La plupart de notes qui composent ce Journal sont de nature intime. Elles naissent à la faveur des heures d’errance et de repli sur soi, en un pays qui incline aux rêveries dans la douveur et le mystère des sentiers qu’il découvre au cours de longues promenades solitaires, et répondent aussi à la passion d’un homme jeune qui, parti à la recherche d’une raison d’exister, d’abord s’inquiète, puis s’interroge douloureusement sur le sens de sa vie. L’auteur y exprime une volonté d’être, de devenir un homme à sa juste mesure, de vivre l’existence dans la plus intense plénitude, d’appréhenser l’être intime confronté au monde des autres, et dont il se sentait séparé. (Bruno Ackermann)