Exploration du flux
A partir de la notion de flux, si employée, si dévoyée dans le grand bavardage, Marina Skalova retrace l'emballement qui a conduit 'Europe à abandonner sa politique d'asile, et ce faisant à renoncer à elle-même, elle qui s'est construite sur l'idée du «plus jamais ça». Flux migratoires, flux des échanges financiers, flux corporels et flux marins se trouvent tous pris dans le même mouvement – un flux qui nous déborde et dans lequel on pourrait bien un jour se noyer. Il est difficile de trouver une terre ferme sur laquelle poser ses chaussures. On cherche des mots auxquels se raccrocher. Mais les mots ne sont pas des bouées. Pourtant, les mots de ce livre nous réveillent, et nous rappellent de quoi, jour après jour, nous sommes devenus, souvent malgré nous, les complices. C'est parfois le sens de la littérature: réveiller.
(Présentation du livre, éditions du Seuil)
Esplorando i flussi – migratori, di capitali, quelli d’informazione o sanguigni – la poetessa e traduttrice Marina Skalova offre una dimostrazione linguistica degna di nota. Per associazione di idee e giochi di parole, l’autrice racconta l’assurdità del nostro mondo globalizzato che cerca di preservarsi, come una fortezza, contro tutto quanto potrebbe penetrarvi dopo la scoperta, su una spiaggia greca, del corpo del piccolo Aylan. Tuttavia, visto che il mare non si può fermare, restando isolati rischiamo di morire esangui. Nell’attesa «uomini, donne hanno continuato ad affogare / non resta altro da dire / questa frase soltanto / dice tutto il re- sto». Un attacco di rabbia: questo breve testo sposa la folgorazione di un’onda che dilaga per porci di fronte alla nostra impotenza quanto alla nostra viltà. (Marianne Brun in Viceversa 13, 2019. Traduzione Carlotta Bernardoni-Jaquinta)