Les Corps glorieux

«Ils étaient de la race des hommes qui conquièrent les montagnes, qui découvrent les terres inconnues, de ceux qu’on ne couche pas facilement à l’intérieur, qu’on ne calme qu’avec le vin et l’aventure.»
C’est ainsi que trois coursiers décident un soir de se rendre à Istanbul pour acheter du tabac, puis de revenir à Lausanne en vélo. L’épopée est émaillée d’aventures, mais également de ces moments simples qui font la vie et de ces rencontres qui la dévient. Malgré la rigueur sportive, les blessures et la fatigue, le voyage n’a pas raison de la joie de pédaler de Pierre, d’Edmond et de Cervoisier. Leur prodigieux besoin d’imprévu est amplement rassasié et au fil du paysage qui déroule, l’envie de partir fait aussi naître l’envie de revenir – celle de rester toujours en mouvement.
Une fois de plus, Auguste Cheval célèbre la fraternité des hommes, les bienfaits d’un corps sain et la gaîté de l’existence dans une nature qui semble fusionner avec les personnages. Un récit intemporel sur la beauté du monde, du voyage et du corps humain.

(Présentation du récit, Editions de la Marquise)

Nota critica

Il s’agit de contrebande et surtout d’un voyage à vélo où les conditions atmosphériques, les dénivelés et l’effort physique font qu’on se sent assujetti à la nature, tandis que les rencontres nous relient à une humanité bienveillante. Plus exactement, il s’agit de la narration « où tout n’a pas été fait » d’une longue course cycliste, où les mots nous font éprouver l’effort des corps, la diversité des paysages, les aléas de la route, mais aussi parfois la fatigue, voire l’ennui, du voyage. Chaque chapitre commence par une citation philosophique, et l’on pourrait presque regretter que l’auteur ne défende qu’implicitement sa philosophie du voyage, c’est-à-dire par le récit factuel qu’il en fait, et que ses personnages nous apparaissent avant tout comme des corps, mais c’est aussi ce qui constitue le charme singulier de ce deuxième livre, à l’écriture élégante et précise, d’Auguste Cheval. (Claudine Gaetzi dans Viceversa 13, 2019)