Une voix pour le noir
Poésies 1985-1999

«L'essentiel toutefois, le plus beau dans cette oeuvre déjà ample dont Mathilde Vischer présente ici un choix judicieux, c'est que, même dans ce monde où "aucune promesse n'est tenue" et qui semble quelquefois si sombrement proche de sa fin, la lumières des choses

Et que dire de l'herbe
A sa naissance? Du ruisseau?
Des eaux...,

celle qui brille jusque dans les larmes des enfants, persiste, en défi à toute menace, gardée, protégée justement par le poète patient.»

Philippe Jaccottet

Rassegna stampa

Né à Mendrisio, licencié en lettres de l'Université de Padoue, traducteur émérite de Philippe Jaccottet, cofondateur de la revue Idra, Fabio Pusterla occupe une place un peu particulière dans les lettres tessinoises. D'abord, parce que, né en 1957, il est d'une autre génération que les Orelli, Nessi ou Buletti; et, s'il a toutefois de commun avec eux les références au réel, il est infiniment moins littéraire qu'eux; dans ses premiers textes du moins, on pourrait même déceler quelque chose comme une volonté de casser la poéticité, tant au niveau de la référence que sur le plan verbal. Les poèmes qui nous sont présentés ici en édition bilingue, fruit d'une collaboration entre les Editions d'En bas, le Centre de traduction littéraire de l'Université de Lausanne, et le Service de presse suisse, sont extraits de quatre recueils: Concessione all'inverno (Concession à l'hiver), 1985, Boksten, 1989, Le cose senza storia (Les choses sans histoire), 1994 et Pietra sangue (Pierre de sang), 1999. [...] Peu à peu, cependant, et de manière encore plus limpide dans Pietra sangue que dans Le cose senza storia, le ton -le rythme, la mélodie- s'apaise. Le surgissement devient possible même à travers un «je» [...] (Monique Laederach, La Liberté, 15.09.01)

[...] A bord du Bateau Inter-lignes, auteurs, traducteurs et éditeurs ont pu confronter leurs expériences. Parmi eux, Fabio Pusterla, venu exposer l'aventure de la revue Idra. Les Editions d'En bas viennent de publier Une Voix pour le noir, un magnifique recueil (Samedi Culturel du 1er septembre 2001) qui rassemble une grande partie des poèmes publiés entre 1985 et 1999, avec une préface de Philippe Jaccottet, un poète que Fabio Pusterla a lui-même traduit et largement fait connaître en Italie et avec lequel il a bien des affinités dans l'art du silence, dans l'attention aux choses et dans la modestie. [...] C'est pour cela que vous écrivez des poèmes? Il faut se demander à quel niveau parle la poésie. L'époque des grands récits, des symboles, est terminée. Je peux évoquer ce qui n'a pas de voix, l'expérience quotidienne, pas plus. On est suffoqués par les décisions économiques, politiques, globales. [...] (Isabelle Rüf, Le Temps, 22.09.01)