Nota critica

«Saisissant », ainsi apparaît Cellules souches, la première lecture achevée. Comme la trentaine de pages de cette parution est dense, il faut impérativement s’y replonger pour tenter d’expliciter ce sentiment. Apparaît alors l’esquisse du projet : «L’actualisation de l’impossible est dans l’ordre de la nature: ce qui ne peut arriver se produit inévitablement, à un moment ou à un autre, ici ou ailleurs – écrire consiste donc à déblayer le terrain, de manière à favoriser ce miracle». Surgit ensuite la retranscription maîtrisée de faits épars. La dévastation causée par les ouragans Betsy et Katrina sur La Nouvelle-Orléans, la vision d’un chantier d’usine à la nuit tombante, la dérive d’une femme le long du canal de décharge de Bonnet-Carré dont le sauvetage réussi donnera lieu à un «culte nocturne», mais aussi les «coups de pied en l’air» donnés par les morts dans la sécheresse d’un dispensaire de brousse. Empruntant l’apparence d’une réponse à notre première impression survient cette ligne inscrite seule au haut d’une page : «Velours noir d’un vol de frelons, la parole renvoie au même, l’inhumain reste à conquérir». (Brigitte Steudler)