La prise d'Izmail
Romanzo

L'orateur athénien Hypéride est un des destinataires et édicataires du discours ininterrompu d'un narrateur changeant, avocat parcourant la province russe pour aller plaider la défense de mères infanticides, magistrat enquêteur qui égrène la triste litanie des cruautés, avortements, empoisonnements et vilenies de tout poil dont la nature humaine en général, russe en particulier, est capable. Les glissements géographiques répondent dans la trame de ce texte aux glissements historiques. Les dieux païens slaves sillonnent les prétoires soviétiques, la Volga se jette dans l'Hyrcanie antique, la «fenêtre russe» ouverte sur l'Europe ne crée qu'un gigantesque courant d'air, et l'on rejoue sans fin la Mouette de Tchekhov devant un parterre embrumé par les rhumes et les délires : on retrouve là l'étonnement inépuisable des voyageurs devant les caprices calligraphiques de la vie russe.

Rassegna stampa

« Le rythme narratif est lent, dense, mais des sautes de personnages à mi-phrase donnent à la narration des mutations étranges sans modifier le motif. Ce motif [...] c'est la kyrielle des crimes humains, cette traque sinistre de l'institution judiciaire qui se poursuit de civilisation en civilisation » (Georges Nivat, Le Temps, 13.12.03).